• 2,5 ou 8

    Un combat discret est déclaré entre les partisans de la baisse de la TVA et les opposants. Une initiative populaire demande que le taux de TVA réduit de 2,5% - celui en vigueur pour le « Take away » - soit appliqué aussi pour les denrées alimentaires servies sur place au lieu du taux de 8% en vigueur.

    L'hôtellerie-restauration est l'un des secteurs économiques les plus importants de la Suisse, qui génère plus de 210 000 emplois et des milliers de places de formation, d'apprentissage et de stage. malheureusement, aujourd'hui la réalité est que ce secteur est en grande difficulté et n'est pas reconnu comme tel par la majorité de la classe politique.

    Le Conseil fédéral estime qu'il n y a pas de discrimination, que le taux actuel appliqué est tout à fait normal, que les services en restaurations sur place et à emporter, sont différents l'un de l'autre, donc, que rien ne justifie une baisse.

    Les Chambres fédérales ont suivi le même raisonnement. Le Conseil national s'est prononcé avec 99 voix contre, seulement 82 pour 14 abstentions. Quand au Conseil des Etats, quasi la moitié était contre et seuls 13 ont accepté et sept se sont abstenus.

    A-t-on suffisamment pensé aux conséquences d'un tel rejet?

    Tout d'abord, l'ensemble du secteur risque, ces prochaines années, une stagnation, voire une récession, ce qui affaiblira encore plus sa position, déjà très fragile. Voici quelques chiffres que personne ne doit ignorer. Prenez près de 50% pour les charges salariales, environ 30% de charges directes, ensuite les autres charges et frais, plus la TVA. très souvent, l'ensemble du chiffre d'affaires ne suffit pas pour couvrir lesdits frais et charges. En conséquence, les résultats des entreprises sont souvent négatifs.

    Il faut prendre en compte les difficiles conditions des entreprises du secteur, en particulier des petites entreprises familiales, où les patrons occupent des taux d'activités non pas à 100% mais à 150% et plus, pour faire tourner leur petit établissement, ne pas se trouver au chômage, éviter de faillites ou des poursuites.

    Mieux, ils continuent à créer des emplois et des places de formations, apprentissage, stage pour les jeunes. On peut aisément comprendre qu'ils font des efforts considérables pour éviter de tomber dans des situations citées plus haut.  Sans oublier qu'une majorité d'entre eux n'a quasi pas de vie familiale.

    J'ose espérer que ce taux injuste sera ajusté, corrigé et que le secteur se portera moins mal qu'aujourd'hui.

    Il nous reste encore la votation, pour laquelle nous comptons sur la compréhension et le soutien du peuple. « Oui » et « non » sont les mots les plus courts et les plus faciles à prononcer, et ceux qui demandent le plus d'examen, disait Talleyrand.

     

    Muhittin KIRAL