Situation, je te nomme Injuste et Irresponsable

La guerre des compétences qui a éclaté entre deux chirurgiens en cardiologie pédiatrique, l'un Pr Afksendiyos Kalangos, chef de la chirurgie pédiatrique aux HUG, l'autre Pr René Prêtre qui occupe les mêmes fonctions au CHUV, occupe l'actualité depuis un certain temps. La situation est en phase de devenir catastrophique pour les patients qui sont en attente, mais surtout les futurs patients. Elle atteint, du point de vue pessimiste, un niveau incontrôlable, et du point de vue optimiste, très difficilement contrôlable. Sinon, trop tard, puisque l'on parle déjà de la démission et du départ du Pr Afksendiyos Kalangos. Ce, suite à la venue imposée du Pr René Prêtre à opérer à l'Hôpital Universitaire de Genève. D'abord un jour par semaine… puis plusieurs jours selon les dires.

Le départ provoqué de manière obscure du Pr Kalangos qui est à Genève depuis plus de vingt ans, et qui n'a fait l'objet d'aucune plainte, reproche ou toute autre chose, laisse apparaître une source interminable de points d'interrogation. Au contraire, les services qu'il a rendus aux HUG ont une valeur inestimable. C'est un don irremplaçable qu'il faut garder. De plus, par ses compétences personnelles et professionnelles, il a tissé un réseau international dont Genève bénéficie grandement aujourd'hui.  Pour le Pr Afksendiyos Kalangos, René Prêtre est bienvenu à Genève. Un accueil chaleureux et honorable. Là, il est en droit d'exiger une réciprocité parfaite. D'autant plus que les deux hommes sont au service de leurs employeurs respectifs et surtout au service des patients qui en ont tellement besoin. Eh bien, non. Ladite réciprocité n'est pas dans le calendrier du CHUV. Le Pr Prêtre peut venir opérer aux HUG mais le Pr Kalangos ne pourra pas faire de même au CHUV. Et pourquoi? Quel étrange accord entre ces deux établissements publics. Quelqu'un devrait, immédiatement, répondre à ce genre de questions et expliquer la chose avec clarté irréfutable.

Ce n'est pas tout. Un nouveau centre lémanique verrait le jour. C'est super. Que peuvent demander de plus les patients ou futurs patients, où ils peuvent trouver des remèdes à leurs problèmes de santé. Mais il y a un couac, le nouveau centre sera dirigé par seul Pr René Prêtre. Donc le Pr Afksendiyos Kalangos est écarté. Et, encore une fois pourquoi? Il faut des réponses rapides, nettes et honnêtes.

Il est illusoire de dire et d'entendre: on souhaite rallier les compétences des deux chirurgiens pour le bien des patients. Vraiment? Personne n'est dupe. Les conditions proposées à Kalangos doivent être les mêmes que celles proposées à Prêtre. Si tel est le projet, pourquoi ne traite-t-on pas ces deux personnes avec aequalitas parfaite?

La condition proposée par le Pr Kalangos, qui est aussi président de la Société internationale de chirurgie cardiaque, opérer à Lausanne et codiriger le nouveau centre, est tout à fait justifiée. Condition sine qua non… il quittera les HUG. Alors, ce départ sera une immense perte pour HUG, Genève, sa région et même toute la Suisse. Inacceptable. Situation, je te nomme Injuste et Irresponsable.

L'idéal serait, pour les patients et dans les intérêts de tous, de créer la paix entre les deux chirurgiens, de leur donner des chances égales. On pourra alors dire qu'on a réagi pour le bien des patients, voire même de tout un pays, la Suisse.

 

Muhittin KIRAL

 

Commentaires

  • Le bien du patient avant tout ego, vous avez absolument raison!

  • Pour comprendre la situation actuelle il faut remonter à 2001 et au moment de la nomination du Prof. Kalangos dans des circonstances pas très nettes, si vous voulez bien vous en souvenir et qui ont entraînées l'exil de Genève pour le Prof. Prêtre durant plus d'une décennie....
    Tout le reste n'est que jérémiades et protestations plus dictées par l'ego surdimensionné du Prof. Kalangos que par le souci de la qualité de soins aux patients.
    Même si le Prof. Kalangos a d'indéniables compétences (je n'hésiterais pas une seconde à me faire soigner par lui) nous sommes tous forcés d'admettre que dans le cas de la chirurgie cardiaque pédiatrique le Prof. Prêtre a un niveau de compétence supérieur, ne serait-ce que par le nombre de jeunes patients opérés par lui.
    Souhaitons que ce "combat des chefs" se termine au plus tôt dans l'intérêt des patients du bassin lémanique et de la crédibilité des établissements concernés.

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