• C'est la fin des Verts, mais pas la fin du Vert

    Les partis politiques, il y en a beaucoup. Heureusement. Plus ils sont nombreux mieux la population se porte. Un seul parti ne doit jamais pouvoir monopoliser les voix, les sièges, les postes… un législatif et un exécutif multicolores sont toujours mieux que le contraire. La durée de vie des partis, leur performance, leur succès, leurs projets, le tout dépend principalement de leur adaptation aux changements dans tous les domaines qui interviennent de façon continue. Ils sont, en principe, actifs dans tous les domaines: formation, recherche, emploi, sécurité, logement, mobilité, impôts, finances, banques, assurances, immigration, communication, transports, santé, environnement, politique européenne, globalisation etc…

    Si un parti n'est pas actif dans l'ensemble des domaines, son utilité est réduite, ses chances de réussite aussi. Créé vers les années 80, le parti des Verts a continuellement défendu l'environnement, l'écologie, la Terre dans son ensemble. En même temps, il a grandement œuvré pour faire favoriser les énergies renouvelables, réduire la dépendance des énergies non-renouvelables,  faire baisser la consommation et rationaliser son utilisation. Ce travail a immensément contribué à la sensibilisation des habitants du monde entier. En matière de protection de l'Environnement, les Verts ont su se battre, ici et ailleurs, plus que n'importe quel parti. Ils se considéraient comme des protecteurs au chevet de la Terre malade. L'objectif, rendre les citoyens attentifs aux sujets des questions environnementales, a été atteint.

    Aujourd'hui les besoins ont changé. Lors des élections cantonales genevoises du Grand Conseil et Conseil d'Etat, nous avons été témoins d'une grave et irréfutable défaite des Verts genevois. Les facteurs évoqués par les responsables du Parti: la période de crise, le mécontentement de la population concernant la mobilité, l'avancé des Vert'libéraux et Parti Pirate au détriment des Verts, qui ont causé cette défaite ne sont pas les véritables facteurs.

    Accuser le MCG d'être un parti populiste, qui se voit déjà en voie de devenir le premier parti du canton n'est, naturellement, pas acceptable. Charger le MCG et les autres qui évoluent, qui changent, puis, ne pas voir ses erreurs commises à la tête du Département de l'intérieur, de la mobilité et de l'environnement, n'est certainement pas une solution.

    En réalité, les Verts ne répondent plus tout à fait aux attentes et aux besoins des citoyens. Actuellement, tous les partis, ou presque, sont à la recherche de solutions pour des problèmes environnementaux, et ont copié les projets des Verts. Leurs programmes comprennent les sujets liés à la protection de la Planète. Alors, l'utilité des Verts ne s'éteint-t-elle pas, petit à petit, dans l'Arène politique? La réponse est nette. Perte de sièges lors des élections municipales en 2009, et des élections cantonales de 2013. Cette chute devrait continuer avec les prochaines élections municipales, cantonales et nationales.

    Au passage, il ne serait pas injuste de rappeler que le siège des Verts au Conseil d'Etat de Genève n'est pas mérité. À l'avenir, si un changement fondamental n'est pas réalisé,  ils devront quitter l'exécutif, voire même le Parlement.

    Tous ces facteurs montrent que c'est la fin des Verts mais pas la fin du Vert.

     

    Muhittin KIRAL membre du PLR