• LA DAME DE FER

    Le temps passe vite, peu importe comment, on parle à nouveau des élections nationales.

    La campagne électorale devient permanente. Pour 2011 elle est indirectement lancée. Quoi qu’il arrive très calculée et sans le hasard.  Les enjeux politiques au niveau fédéral se préparent déjà, même s’il reste encore plus d’une année.

    Cette fois la situation semble être plus particulière, (complexe). Changement de plusieurs conseillers fédéraux, dans le passé proche, le présent mais surtout le futur proche.

    Pour Eveline Widmer-Schlumpf, la conseillère fédérale en charge du Département Fédéral de Justice et Police (DFJP), un second mandat ou la fin ? Exclue de son ancien parti, l’UDC, comment assurera-t-elle  sa réélection sans le soutien des autres Partis ? Un cas rare, voire unique. Elle dit « ne pas être isolée, avoir de nombreux contacts avec des parlementaires de tous les partis », ce qui est vrai. Madame la conseillère fédérale est une politicienne extrêmement brillante, elle a une carrière politique impressionnante. La dame de fer, entrée au Grand Conseil des Grisons en 1994, première femme élue au gouvernement de son canton natal en 1998, ensuite sa première présidente en 2001 et 2005, elle devient conseillère fédérale en 2007. Mais tout cela ne la favorise, malheureusement, pas et ne garantit pas son siège pour l’élection de l’année prochaine. Y compris avec son excellent travail durant tout son mandat.

    Les ambitions de l’UDC qui veut récupérer, à tout prix, son siège perdu lors de la dernière élection du Conseil fédéral et qui n’a certainement pas oublié ce qui s’est passé… n’arrangent rien en sa faveur. C’est un parti qui contrôle presqu’un tiers de la Chambre basse, soit très exactement 64 sièges et un bon nombre d’élus, 7 au Sénat. Donc largement premier parti.

    L’élection des locataires du Palais fédéral se passe, en principe, entre partis et non pas entre personnes. Dans ces circonstances, une candidate hors parti n’a quasiment aucune chance d’être élue.

    Actuellement, il y a des tas de crises et problèmes à résoudre. La Suisse n’a pas besoin d’un tremblement politique, comme il a eu lieu en 2007. La direction d’aucune formation politique ne peut se permettre de se lancer dans une aventure hasardeuse, ne voudra ou ne pourra prendre des risques qui pourraient lui créer des difficultés.

    Les grands partis politiques éliront mutuellement et respectivement leurs candidats proposés. Les sept candidats potentiels au gouvernement fédéral de 2011-2015 sont probablement déjà nommés et ils sont prêts à faire la campagne électorale.

     En politique, le hasard n’existe pas.

     

    KIRAL Muhittin, membre du PRD